Ils nous mettent des miradors,
Jusqu’au fond de notre pensée,
Afin que même quand tu dors,
Tu ne puisses plus rêvasser.
*
Leurs barbelés sont invisibles,
Mais passe dedans le courant
Afin que devienne impossible,
D’avoir un avis différent.
*
Leurs kapos ont des gueules d’ange,
Propres sur eux et bien peignés,
Afin que tous, on voit l’orange
Surtout pas bleue, mais alignée.
*
Les « Arbeit macht frei » de leurs camps
Ne trônent plus sur leurs portails,
Mais sont imprimés en toi, quand
Tu es né en chair à travail.
*
Et si les costumes rayés
Ont laissé place à des bluejeans
C’est que, pour ne pas t’effrayer,
Que surtout rien tu t’imagines !
*
Tu es un bagnard malgré toi,
Qu’on rémunère à coups de traites
Avec du pain, des jeux, un toit
Et qu’on spolie de sa retraite
*
En te faisant bosser encore
Jusqu’au jour où tu seras mort …
Novembre 2023