Ce temps où tu redeviens toi,
Où tu crois que tu n’es plus rien
Et où tu vas perdre le lien
Entre ton bureau et ton toit.
*
Cette autre vie sans le réveil,
Où du lundi au samedi
Tout semble n’être que redit,
Tant tout à l’air d’être pareil.
*
Tous ces collègues de travail,
Qui faisaient ta toile de fond,
Mais où sans rien de bien profond,
Te manque pourtant ton sérail.
*
Ce nouveau tome de ton livre,
Où toutes tes pages au futur
Se tournent au mode courbatures,
Avec le but que de survivre.
*
Ces jours à faire des projets
Que tu remets tous à demain,
Tant peu importe le chemin
Et les causes de leur rejet.
*
Ces vacances à perpétuité
Pour lesquelles n’est plus d’attente,
Où l’euphorie bien que latente
Est un peu une incongruité.
*
Ce marathon aux pénuries
Qui ont pénalisé ta vie
Et dont tu biffes les envies
En limite de goinfrerie.
*
Cet état entre parenthèses
Où tu n’es plus celui d’avant,
Tout en étant un survivant
Qui se pose des hypothèses,
*
Ce temps sans temps qui te suspend
Te faisant tout procrastiner
En t’obligeant à piétiner
Quand le monde, va galopant.
*
Cet univers de « t’as mal où ? »
Quand ce n’est pas de « qui qu’est mort ? »
Qui se la jouent au matamore
Pour conjurer tous les tabous.
*
Cet oisif ayant trop de chance
Qui coûte à la communauté
Sans avoir la lucidité
D’en terminer là sa séance.
*
Cet encombrant qu’ils voudraient voir,
Travailler jusqu’à son trépas
Afin que comme grand papa
Il contente ceux du pouvoir,
*
Afin qu’avant d’être très vieux
Il aille au plus vite, aux adieux !
Octobre 2023