As-tu de ton vivant été assez aimée ?
As-tu eu ton quota d’amour et de caresses ?
Es-tu pour l’au-delà suffisamment armée,
Pour ne pas regretter un besoin de tendresse ?
*
C’est que là-bas en haut, il sera bien trop tard
Pour sentir sur ton corps les effets du plaisir,
Pour jouir du moment, où tout devenu art,
Tu pourras récolter les fruits de ton désir.
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Tes seins n’auront-ils pas, un peu de ces regrets
D’avoir de quelques mains loupées leurs expertises,
Ou là dans ton bas ventre avoir mis à l’arrêt,
Ces vols de papillons, offerts en friandises ?
*
Et ton jardin secret, aura-t-il eu son compte,
De mains, de doigts, de vie et de ce qu’une bouche,
Peut d’une belle langue en faire un joli conte,
Si on sait de beaux mots en mettre quelques touches ?
*
Sois-en bien convaincue, qu’il n’y a qu’ici-bas
Qu’il y a sept étages aux nuages du ciel,
Là-haut, l’amour , hors Dieu , n’a plus droit aux ébats,
Tant tout est peint en blanc, même dans l’arc en ciel.
*
Alors tant qu’il est temps, fais-toi des provisions
De tout ce que sur terre, on a de ces bonheurs
Qui donnent à notre peau ces belles évasions,
Nous faisant oublier, qu’un jour, il sera l’heure,
*
Il vaut mieux c’est certain, avoir pleins de remords,
Que d’avoir des regrets, le jour de notre mort !
Février 2023