Malgré le temps passé, je n’ai pas oublié
Toutes nos facéties sur ce grand échiquier,
Où toi en reine noire ici déshabillée,
J’étais moi ce roi blanc, un petit peu inquiet.
*
C’est que jamais avant, moi je n’avais joué
A ce jeu en deux tons où en Ying et en yang,
Je découvrais l’amour, n’étant pas très doué,
Ni pour l’art exotique et pas plus pour les langues
*
Alors quand de ta peau, ma première caresse,
Me mit au bout des doigts ce surprenant mystère,
De cette communion au milieu de la messe,
J’ai pu en effleurer l’absolu magistère.
*
C’était l’eau et le feu insu d’un oxymore,
Un sens inusité venu d’un autre monde,
Un vœu de volupté en don de fausse mort
Qui vous noie tous vos sens sous des énigmes en trombes.
*
Pour avoir dupliqué, ce jeu de magie noire,
J’ai ce jour la clarté d’avoir pu des couleurs
En discerner le fait qu’elles sont illusoires
Et que tous ces on-dit, ne sont rien que des leurres
*
Car ce n’était que toi et même en rouge ou blanc,
En jaune ou vert martien, tu aurais mis mes mains
Dans ce contexte là de plaisir si troublant,
Au tout pareil désir, par le même chemin,
*
En étant dans nos stances, à semblables fréquences…
Septembres 2022
Photo: Patrick Wecksteen , modèle: Chantal