Qu’écrirait donc Rimbaud, ce jour sur cette époque,
Je doute qu’il ait bêlé avec tous ces ovins !
Le voyant aurait vu, combien c’était du toc
Et n’aurait pas suivi ces chiens jusqu’au ravin.
*
Que nous aurait laissé ce bon François Villon,
Lui qui connaissait bien tout l’art du contresens,
Des pendus aurait-il aux sons de leurs violons,
Vu leur condamnation comme une ultime dance ?
*
Et notre grand Victor, lui le parlementaire,
Aurait-il pris aussi le parti des nantis
Ou aurait-il choisi, tel jadis, de se taire,
En laissant le tyran rejouer la partie ?
*
Baudelaire, quant à lui, aurait des barricades,
Dénoncé ces voyous aux vers des fleurs du mal,
Voyant dans leurs méfaits, une belle escalade,
Pour renvoyer l’humain au temps cataclysmal.
*
C’est certain qu’Aragon, à Ferra et Ferré,
Aurait donné des mots pour crier à l’horreur,
Voyant tous ces français, vus en pestiférés,
Pour n’avoir pas eu peur de ceux de la terreur.
*
Eluard voyant ça, se serait demandé,
Si un siècle plus tard, revenait le Dada,
En remarquant qu’un seul pouvait là commander,
Imposant à un peuple un destin de fada.
*
Boris aurait chanté : Monsieur le président,
Je vous fais une lettre, vous disant vos Pfeizer,
Vous pouvez vous les mettre, oui bien profond dedans,
Là ou vous vous pliez sous ces fils de Panzers.
*
Quant à Albert Camus, se disant révolté,
C’est sans une surprise, qu’il vous aurait blâmé,
Tant de la peste il a vu beaucoup, exploiter
Des autres le malheur, jusqu’à nous l’intimer.
*
Il est certain que tous, confrontés à l’arnaque,
N’auraient pas imité ces aèdes de ce temps,
Qui se sont tous couchés, par peur de la matraque,
Envisageant d’aider à un nouveau printemps,
*
Militant pour vider ces cinglés possédés !
Décembre 2021