Repenses-tu parfois à ces si bons moments
Où naissent les bourgeons dans le bas de ton ventre
Et où les papillons, voletant tendrement,
Te font du bout des ailes un merveilleux rang d’antre ?
*
Repenses-tu souvent aux pourquoi de mes doigts,
Cherchant sur ton plaisir, l’harmonie de tes cris,
Se glissant doucement vers ce feu où tu dois,
Déjà en toi ne pas, le voir là circonscrit ?
*
Repenses-tu aussi à toutes ces onctions
Qui donnaient à ta peau, des bouffées de tendresse,
Faisant de mes massages un appeau d’impulsions,
Te faisant oublier, jusqu’à ta propre adresse ?
*
Repenses-tu toujours aux tankas de tes seins
S’appropriant mes mains sous tes voiles de lin
Qui s’adressaient à Dieu et même à tous ses saints,
Récitant des prières aux refrains des moulins ?
*
Repenses-tu encore à ces temps non pareils,
Où ta bouche avalait des auras d’élixirs,
Tout en me faisant voir des monts et des merveilles,
M’amenant à mourir au jardin des désirs ?
*
Repenses-tu en plus à ce si grand soleil,
Qui s’allumait en toi, quand là dans ton courtil,
D’une petite mort, en sentant son réveil,
De ta petite fleur, jaillissait son pistil ?
*
Ce sont des souvenirs de ces si jolies heures,
Où on baignait tous deux dans les eaux du plaisir
Et où la volupté, tout en déni de leurre,
Nous façonnait des pauses en des chants de soupirs,
*
Inventant des silences, jusqu’au bout de nos sens !
Août 2021
Illustration : Patrick Wecksteen , modèle :Solanum