Juste vêtue d’un masque et d’un peu de Channel,
Tu voudrais chaque soir, conserver tes distances,
Confinant mon désir, afin que du charnel
On oublie son appel en faisant abstinence.
*
Quand même tes enfants, n’ont plus droit aux caresses
Et pas plus aux bisous, ni aux petits câlins,
Tant ici dans nos cœurs, tout a changé d’adresse
Depuis qu’est arrivé ce fameux pangolin.
*
Quand de nos vieux parents, derrière leurs barreaux,
De leurs derniers instants, on les prive d’amour,
Voulant les préserver en étant leur bourreau.
*
Et quand de nos commerces, en baissant leurs rideaux,
On sait que pour beaucoup, l’aller et sans retour
Et que tous ceux qui restent seront sur le radeau,
*
Alors on s’interroge, à en compter les risques,
Si mettre le pays à ce glas aux tambours,
Valait bien que l’on crée ces milliards d’odalisques,
*
Et que pour épargner un petit peu de vies
On mette la planète au statut de survie !
Janvier 2021
Photo : Patrick Wecksteen ; modèle Cindy