Ne me prends pas pour un poète,
Je suis dans la photographie,
Des allégories je fais fi,
Ne me prenant jamais la tête !
*
J’immortalise avec des mots,
Les têtes à queues de cette époque,
Tous les endroits où ça débloque,
Pour le dire avec des chromos.
*
Je feins à coups de prosodie,
D’être un de ces aèdes maudits,
Pour contourner les interdits
De ce pays de comédies.
*
Et pour déjouer la censure,
Qui frappe aujourd’hui les photos,
Ce n’est plus que par le recto,
Que je leur mets par l’écriture.
*
Avec beaucoup moins de talent,
Je rédige aussi de la fable,
Pour fustiger tous ces minables,
Au triste ego de cerveau lent.
*
Mes vers coupent comme du verre,
Mes rimes assomment et émasculent ;
Mes rejets pour ces minuscules
Rêvent d’être des révolvers !
*
Et c’est ainsi, en quelques strophes,
Que voyant tous ces dérapages,
Je noircis chaque jour des pages
Pour annoncer la catastrophe,
*
Tant le monde a vendu son âme,
Entre les mains de gens infâmes !
Novembre 2020