Mon corps prend chaque jour, le chemin du déclin,
Eteignant un à un les leds de mon bonheur,
En me rappelant bien, que même bien malin,
Je ne couperai pas aux aiguilles de l’heure !
*
C’est d’abord à mes yeux, leur mettant quelques rides,
Qu’il a tout commencé avec ses pattes d’oie,
Me disant qu’à mon âge, il ne faut pas de vide
Là, et que c’est normal, car tous, c’est ce qu’on doit.
*
Ensuite c’est à mon ventre, où il m’a fait des siennes,
Le doublant de volume, en augmentant sa peau,
Me donnant cet aspect de ces gravures anciennes,
Qu’on voit dans les revues chez les porte-drapeaux.
*
Ainsi, pour mes cheveux, en les teignant en blanc,
Il m’a bien mis vingt ans, là en plein dans les dents,
Pour qui mon arracheur, ne faisant pas semblant,
A de mon râtelier fait son dû évident !
*
Mes articulations, je vis depuis avec,
N’ayant pas un seul jour, sans un chouia d’arthrose
Et même mes tibias, en plaque d’almélec,
Ne me permettent plus que de faire des pauses !
*
Quant à ma libido, mise aux objets perdus,
C’est dans mes souvenirs, qu’elle bande toujours,
Me disant que j’ai eu, bien plus que mon seul dû
Et qu’il est donc bien vu, d’être sous l’abat-jour !
*
A part ça je vais bien, mais quand j’entends ces cons,
Nous chanter que la vie, commence à soixante ans,
Je pense qu’ils ont dû abuser du flacon,
Se rassurant ainsi en conjurant le temps,
*
En voulant ce Coué pas le désavouer !
Août 2020