Lorsque la vie t’a épargnée
Les affres de la maladie,
Mais qu’en retour tu as gagné
Des absences leurs mélodies,
*
Quand ce n’est plus que dans la brume
Que tes annales œuvrent encore,
Ne te laissant que l’amertume
De faits revus en anaphore ;
*
Lorsque parties tout en oublis,
Les belles choses de ta vie,
N’étant plus rien que lapillis,
N’allument même plus d’envie ;
*
Quand affaibli par les années,
N’ayant plus la notion du temps
Tu es en train de te faner
Alors qu’il n’est plus de printemps ;
*
Lorsque tous tes amis partis,
Dans ton vieux monde sans personne
Tu requiers la fin de partie
Appelant le tocsin qui sonne,
*
Alors c’est un soulagement
De se sentir tout monotone
Quand dans la nuit tout doucement
Vient cette période d’automne,
*
Se disant enfin, c’est la fin !
Juillet 2020
Illustration : toile , « Dance macabre in red » de Iannis Nikou
Iannisnikou.com