Que serions nous sans vous, surtout où irions-nous ?
Si vous n’existiez pas, si vous n’étiez pas là !
S’il n’y avait personne, à qui là à genoux,
On pouvait demander de nous donner le la.
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C’est que dans notre Histoire, il n’est aucun grand homme,
Sans derrière une femme, il n’est pas de destin,
Sans que sur son chemin, elle lui tende la pomme,
Pour faire de ses nuits toujours de grands matins.
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Elles sont la mortaise où s’en va le tenon,
Le verbe qui précède le complément d’objet,
La poudre et le boulet qui sortent du canon ;
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Quand nous nous regardons, le matin dans la glace,
Tout à côté de nous, pas du tout hors sujet,
Elles ont toujours, là, leur évidente place,
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Sans elles nous serions simplement des chenilles
Nous rêvant papillons, alors que sans projet,
Nous jouerions encore au ballon et aux billes,
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En n’ayant pas compris de ce duo le prix !
Mai 2020
Photo : Patrick Wecksteen ; modèles : les belles de Limey