Qu’aurons-nous appris de tout ça ?
Que restera-t-il de ce temps ?
Où ce virus nous glaça,
Le début de notre printemps.
*
Un peu de solidarité,
Des pendules remises à l’heure,
L’outrage à notre liberté,
La certitude d’un gros leurre.
*
L’illusion d’un monde meilleur,
Le bout de cette comédie,
Le besoin d’être vite ailleurs,
L’exaltation des interdits.
*
L’apothéose du mensonge,
La vision de la nullité,
La mensuration de la longe,
L’absence d’exemplarité.
*
La cacophonie de ce flou,
L’embrouillamini des sachants,
La violence de tous ces loups,
Et la fausseté de leurs chants.
*
L’humilité des paradoxes,
L’aveu de la médiocrité,
La duplicité de l’intox,
Leur monde d’obséquiosité.
*
La servilité de beaucoup,
L’inconsistance du pouvoir,
La relativité des coûts,
La fragilité de l’ivoire.
*
C’est sûr, de ce confinement
Nous n’en sortirons pas grandis,
Car quand à ce point on nous ment,
C’est que tout ici s’affadit,
*
Alors que là, aux antipodes,
Se lit l’amour dans nos épodes !
Mai 2020
Photo: Patrick Wecksteen, modèle Elvira