Comme quelques paroles où n’est pas de musique,
Comme un oratorio, sans soliste et sans chœur,
Aux effets pernicieux de quelque analgésique,
La poésie s’en va, se désagrège et meurt.
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Elle a laissé sa place à un brouillamini,
De sons, de cris, de bruits, de quintessence amorphe,
Ou le temps l’a taillée, aux modes du mini,
L’éclatant en lambeaux aux couleurs polymorphes.
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Trois accords de guitare, un soupçon de tempo,
Tiennent lieu de mesure et quatre pauvres rimes,
Commutent la syntaxe en solo non troppo !
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Aujourd’hui sans bastringue et sans un air de messe,
Le poème n’est plus qu’un art du vieux régime,
Un détour de jadis au timbre de kermesse,
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Où c’est même le rap qui le pousse à la trappe !
Mai 2020
Photo : Patrick Wecksteen modèle : Lou