En tirant le signal d’alarme,
En arrêtant le TGV,
C’est tout d’abord un flot de larmes,
Qui vient là de nous arriver !
*
Arrêtés là en pleine voie,
Sans avoir le droit de descendre,
Nous sommes tous restés sans voix
Devant cette annonce de cendres.
*
Habitués à la vitesse
Et nous croyant tous immortels
Nous ne vivions que dans l’ivresse,
Du temps d’après la Péritel.
*
Le monde est devenu la gare
D’un grand réseau d’un chant de Bourse,
Grouillant d’aspics et de bongares,
Pour être l’as des champs de courses.
*
N’est plus jamais l’heure de l’autre,
Ni celui de la vue commune,
Tout ça n’étant que patenôtres
Pour cacher toutes nos lacunes.
*
Il nous fallait le libre-échange,
La terre étant le grand marché,
Où en bleu, se volait l’orange,
Des marchands bien trop alléchés !
*
Pour quelques bonus de profit,
Et sa gueule dans les canards,
On en aurait fait du confit
De ces pauvres et de tous leurs niards !
*
Alors maintenant aux arrêts,
Confinés en wagons plombés,
On nuance tous les regrets,
De ceux de l’armoire, tombés,
*
En disant qu’on allait trop vite,
Dans la cordée de cette élite !
Mars 2020