Moi, dans ma poésie, j’écris, comme je crie,
Avec la rage au ventre, en voyant ces excès,
Ces holdups, ces braquages, aussitôt faits, prescrits
Par des juges vendus, entretenant l’abcès.
*
Je gueule, je m’insurge à déchirer les mots,
Pour qu’ils se multiplient, qu’ils réveillent les morts,
Qu’ils versent de l’alcool sur les plaies et les maux
Et qu’ils nous arraisonnent comme des oxymores.
*
Et plus ces temps sont fous et plus j’ai des envies
Que mes vers soient du verre à couper dans le vif
Pour écorcher ce monde et sa vieille exuvie.
*
Mais ça ne sert à rien, ces abois mis en strophes,
Car plus ils sont coupants et même transgressifs,
Plus je vois qu’on y va vers cette catastrophe,
*
Tant c’est dans un violon qu’ils pissent, ces félons !
Janvier 2020