Lorsque demain, l’âge et le temps
Auront refermé là sous toi,
Tout ce qu’on aimant tant, pourtant,
Ce sera triste sous ton toit.
*
Plus de ces nuits d’anthologie,
Où en t’offrant à mes deux mains
Tu diminuais les bougies
Qui me faisaient craindre demain.
*
Refaisant de moi un ado
Tu me redonnais du désir,
A trouver en bas de ton dos
Tous les réflexes du plaisir.
*
Tu effaçais vingt ans passés,
Rien qu’à l’empreinte de ta bouche,
En en n’ayant jamais assez
Dès qu’on était là sur ta couche.
*
Et mes doigts n’ayant plus d’endroit,
Où ils n’avaient pas mis la joie,
Croyaient qu’en ayant tous les droits,
Ils pouvaient te dicter leur loi.
*
Même ma langue, la bavarde,
Toujours prête à quelques bons mots,
Mettait du soft dans tout cet hard,
Ne distillant pas que des maux.
*
Et quand de ton lit, les ressorts,
De leur sommier criaient pitié,
Je n’étais pas le prince consort,
Mais bien tout ton autre moitié,
*
L’amour se voulant l’élixir
Qui ne nous fait jamais vieillir.
Septembre 2019
Photo : Patrick Wecksteen , modèles : Florence et Fabien