Mais quel est donc ce temps, où c'est le contenant,
qui est plus important que tout son contenu
et où tu es traité, comme un pauvre manant,
si tu choisis la rue , plutôt que l'avenue,
*
Ce monde est aujourd'hui, celui que du paraître
où n'est plus regardé que l'éclat du vernis,
on ne se soucie plus de la douceur de l'être,
seul tout ce qui se voit n'est pas dans le déni,
*
La mondialisation a tant boosté le temps,
qu'on en manque bien trop, pour voir à l'intérieur,
il est donc de bon ton, que de penser printemps
et d'aller voir plus loin , ce qui se passe ailleurs
*
Alors , quand dès demain , lassé du carton pâte,
il faudra , en survie, retrouver des assises,
pour conserver ce monde en marche sur trois pattes,
on verra qu'elle est loin , cette terre promise,
*
Car sous les beaux décors , on verra le néant,
sous les belles couleurs, tout ne sera que noir
et ceux qu'on aura pris , jadis pour des géants,
disparaîtront , fondus, aux feux des laminoirs,
*
Et quand de ce futur , on verra cette époque,
où l'image avait pris , l’ascendant sur la tête,
on se maudira tous d'avoir aimé ce toc
étalé en flonflons, faisant croire à la fête,
*
Quand ça laissait entendre déjà des bruits de cendres !
Juin 2019