Pris entre le marteau de leurs ordres ignobles
et un bout de l'enclume, où survit ma conscience,
je ne peux plus trouver la moindre chose noble,
à faire ce métier , sans voir ma résilience.
*
On me dit de frapper,de cogner, d'estourbir,
on m'invite à tirer sur mes concitoyens,
on m'ordonne d'aller, jusqu'au confins du pire,
quitte à utiliser n'importe quels moyens .
*
On m'oblige à ne plus être comme mes frères,
on me regarde avec des yeux pleins de griefs,
on me voit en vendu, tels ces kapos d'hier
qui se voulaient des camps les suppots de leurs chefs.
*
Je suis tellement mal , pris entre ces dilemmes
que je ne sais plus bien où est mon libre arbitre
et il me semble même, auprès de ceux que j'aime
que je ne les entends plus que derrière une vitre.
*
Et je suis si usé , par toutes ces batailles,
que j'ai souvent envie que tout ici s'arrête,
rêvant de ne plus être un des épouvantails,
qu'on met pour les oiseaux, à empêcher leur fête;
*
Alors pour m'échapper de ce grand précipice
et ne plus ressentir ce mal entre mes reins,
il me vient des idées , parfois bien tentatrices,
d'envisager la fin avec mon Manurhin,
*
En ajoutant ma patte, à la hausse des stats ...
Février 2019