Le poète s’est bien trompé,
En n’ayant un peu trop d’espoir
Et en voulant toujours rêver,
Il a cru à sa triste histoire.
*
Tous ses poèmes, même en prose,
N’intéressent jamais personne
Et toutes ses hypotyposes
Le monde entier lui s’en tamponne.
*
Le poète fort dégoûté
Se demandant pourquoi écrire
Pense qu’il devrait arrêter
N’ayant jamais même un sourire
*
Car toutes ses allégories
Les gens ne passent que devant
Ne voyant que brouillaminis
A n’amuser que les enfants
*
De toutes ses anacoluthes,
Il n’en connait pas bien l’emploi
C’est du moins ce que l’on suppute
Et ça laisse le lecteur froid.
*
Et même les métonymies
Qu’il met jusque dans ses sonnets
Semblent n’être que le déni
De ce que la cause est l’effet.
*
Alors que ses antanaclases
En vrais refrains dans ses quatrains
Semblent bien être la diastase
Qui enfin marquerait sa fin,
*
Que dire de ses analepses
Faisant perdre tant l’essentiel
Que même dans les métalepses
Tout semble bien moins démentiel.
*
Quant à toutes ses synecdoques
Il a dû au moins s’expliquer
En se servant de mots ad-hoc
Tant c’était trop alambiqué
*
Il a donc fini par ranger
Toutes ses figures de style
Ayant enfin réalisé
Que tout ça était bien débile.
*
Et c’est en félibre éploré
Qu’il a renoncé à ces vers
De ce reginglard étoilé
qui le faisait rouler par terre ;
*
En prétextant que ses poèmes,
c'était bien là son vrai problème ...
Janvier 2019