On te vide de ta substance,
on te chaparde tes ressources,
en te privant de ta pitance,
au nom du fric et de la Bourse.
*
C'est qu'on te veut ma belle Afrique,
telle hier encore à leur botte,
à te diriger à la trique,
en te marquant à la culotte.
*
Toujours pour toi , aucune pourpre,
même tes sous , hypothéqués,
voudraient chez toi que l'on s'empourpre
d'être ainsi demeurée à quai.
*
En soudoyant tes dirigeants,
afin de garder leur empire,
tous ceux qui ont beaucoup d'argent
t'ont mis aux conditions du pire.
*
En t'empêchant d'appareiller,
en organisant ta misère,
ne voulant pas te réveiller,
ils t'ont raconté des chimères .
*
On vend du rêve à tous tes fils
leur montrant Lima à Paris,
pour que de chez toi ils se trissent,
afin que tu restes meurtrie.
*
Et quand un jour , un Sankara
veut te parler de liberté,
c'est sous les balles d'un contrat
qu'on te réapprend à conter.
*
Il faut te battre ma Kama,
il faut briser toutes ces chaines
pour réaliser ton karma,
car de ce temps tu es la graine
qui pourrait nous montrer la voie
d'un monde avec une autre loi,
*
Et cesse de jouer les gnous ,
en croyant ta survie chez nous ...
octobre 2018
Photo: Patrick Wecksteen ; modèle Fatou