Nous qui depuis toujours , avons ouvert nos coeurs
à tous ces malheureux, chassés de leur patrie,
pourquoi donc aujourd'hui, d'un trop plein de rancoeur,
sommes nous arrivés à voir pour eux , un tri ?
*
Nous qui pour la plupart sommes venus d'ailleurs,
d'Italie, d'Arménie, d'Espagne ou de Russie,
d'Europe , de partout, poussés par le malheur,
nous n'avons cependant , jamais posé de Si !
*
Nous arrivions ici , tous pleins de gratitude,
pour édifier des ponts et surtout pas des murs,
n'exigeant pas d'anciens qu'ils changent d'attitude,
ni que dans leurs forêts , on coupe les ramures.
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Qu'est ce qui fait alors que nous en sommes ici ,
à voir ainsi nos frères aux tons du clair obscur,
qu'est-ce que nous n'avons pas vraiment réussi,
pour ne plus voir ce point comme une sinécure ?
*
Serions nous devenus , ce jour, ces pleins de soi,
pour avoir oublié qui on est , d'où on vient
ou aurions nous la peur de partager la soie
qui se fait bien plus rare en ces temps diluviens?
*
Ou est ce une autre vue qui fait que dans l'Histoire,
on a vu les romains, peindre tous nos demains
aux couleurs de leurs dieux, sans jeu dérogatoire,
nous ayant obligé à en venir aux mains ?
*
je ne sais pas répondre à toutes ces questions,
mon coeur est en conflit avec mon jugement,
trop d'inconnues remuent un peu trop l'équation
et je sens que partout on maquille et on ment.
*
alors à ceux qui ont du tout noir ou tout blanc
choisi leur direction, remplis de certitudes,
j'espère que demain, c'est sans un faux semblant,
qu'ils auront de ces affres admis notre inquiêtude ,
*
ne disant pas, déçus , mon Dieu si j'avais su !
octobre 2018