Le banc qui a vu nos amours
A leurs débuts des premiers jours
A vu s’asseoir tellement d’amants,
A entendu tant de serments
Qu’il ne voit plus les amoureux
Depuis avec les mêmes yeux.
*
Il ne croit plus à leurs promesses
Et n’écoute plus leurs grand’messes,
Pour lui je t’aime sonne faux
Et leurs toujours ne sont qu’appeaux
Pour aller là dans le sous bois,
Jouer à il est une fois.
*
Le banc qui servait d’alibis
A leurs mensonges, à leurs fourbis
A cessé de les écouter
Et à grands coups d’herbes des prés
Il s’est fait là hara-kiri
Disparaissant dans la prairie.
*
Et aujourd’hui sous les taillis
Quelques planches un peu trop vieillies
Ont le regret de tous ces temps
Où s’échangeaient de bons moments,
Que d’autres bancs, pas loin d’ici,
Ont, à leur tour, bien sur, repris !
décembre 2009