Quand hier il est parti, abandonnant ton lit,
Après l’étonnement, la colère et la haine,
Après tous ces pourquoi, ces questions toutes vaines,
Tu as maudis les dieux, Jésus, Vishnou, Kali…
*
Et puis le temps passant, les draps rien que pour toi,
Dans cette liberté tellement confortable,
En trouvant cette vie, bien souvent agréable,
Tu as même apprécié cet état sous ton toit.
*
Pourtant, certaines nuits, tes mains insuffisantes,
Tes doigts trop maladroits, n’ont plus assez de vie
Pour te faire oublier et calmer tes envies,
T’obligeant à penses à ces bras qui te hantent.
*
Tes rêves mi fantasmes en te mettant à nu,
Font devenir tes seins comme des bouts de pierre,
Ton désir revenant tel les beaux jours d’hier,
Réclamant une peau, même d’un inconnu.
*
Pourtant dès le matin, la raison te renferme
Dans la triste prison où règne la morale
Et où la solitude , oubliant ta cavale,
Te force à rejeter les besoin de ton derme
*
Ainsi, laissant passer, tout ce bon temps qui reste,
Prise entre tes élans, tes freins, tes peurs, tes doutes,
Ne stoppant nulle part, tu files sur ta route,
N’effaçant jamais rien, dans ton grand palimpseste
*
Où tu pourrais écrire de nouveaux souvenirs…
Juin 2018
Photo: Patrick Wecksteen; modèle: Julia