A imposer toujours de nouveaux barbelés,
A être rassuré de tous ces miradors,
A ne jamais oser courir au pis-aller
De peur de rencontrer un tout nouveau décor.
*
A se couler au moule où se complait la foule,
A pour argent comptant, prendre leurs vérités
Afin de rejeter les risques de la houle
Et conforter ainsi son équanimité.
*
A rayer de sa tête questions et apostrophes
A bien laisser aux autres algarades et débats
A ne même plus voir des jours leurs catastrophes,
En gommant de sa vie tous les hauts et les bas.
*
A suivre le troupeau, sans voir et sans entendre,
A devenir muet, sans jamais de pourquoi,
Ne voulant plus savoir et surtout pas apprendre
Et là devant l’écran rester tout à fait coi.
*
A se borner à vivre aux rythmes des vaincus,
Profitant du soleil, les jours où c’est l’été,
Ne sachant même plus si d’avoir survécu
Avait toujours du sens, sans plus de liberté
*
A s’endormir aux sons de leurs belles berceuses,
En se croyant coupables aux effets de leurs doigts,
Jusqu’à dire à nos vies de n’être plus curieuses
Tant ce n’est plus qu’à eux de dire ce qu’on doit.
*
A accepter le joug et ce qui va avec,
A même les élire aux ordres des sondages,
A même se rallier à leurs salamalecs
En prenant son parti de vivre au moyen-âge.
Et être de ce temps un de ses subsistants…
Mai 2018
Photo : Patrick Wecksteen ; modèle: Mela Niiy