Smoking, nœud pap et festival,
Télé, radio, Roland Garros,
On les voit tous, dans le journal
Où au soleil brillent leurs os.
*
Saint Trop, Avoriaz, Toronto,
Saint Barth, Wakaya, Monaco,
Tous ces gens-là dans leurs ghettos
Méprisent nos cocoricos.
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C’est qu’ils ne sont plus de chez nous,
Tous ces nantis du nouveau monde,
Pas gênés de voir à genoux
Ceux qui ne sont pas dans leur ronde.
*
C’est vrai que même aux Batignolles
Ils se sont édifiés une ile,
Avec leurs mots et leurs écoles,
Où c’est con d’être francophiles.
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On se veut citoyen du monde,
De celui où on réussit
Et où les soirs à la Rotonde,
On ne se dit plus jamais, si !
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Comment pouvons-nous voir les choses ?
Avec les mêmes intérêts
Quand quelques-uns ont bien les roses
Et tous les autres les rejets ;
*
Comment ne pas être affligés ?
De voir le pays gouverné,
Par une bande d’étrangers,
Se moquant bien d’où ils sont nés ;
*
Il y a trop de différences,
Entre la plèbe et ses élites,
On ne voit plus bien notre France,
Dans ce pays qui se délite.
*
Alors ne soyez pas surpris,
De voir demain les rats des champs,
Ne plus du tout avoir compris
Des rats de ville tous leurs chants.
*
N’ayant plus le même langage,
N’ayant plus rien à faire ensemble,
Refusant même tout partage,
Il faudra qu’on se désassemble,
*
Et ce n’est pas vraiment sans peine
Qu’on triera bien l’eau de la Seine !
Mai 2018