J’écris des choses farfelues
Rien que parce que ça m’amuse
Et qu’ainsi je vais être lu
Tout en colère par les muses.
*
Je raconte n’importe quoi
En faisant croire à de beaux vers,
Sans trop jamais savoir pourquoi,
Tant tous mes mots sont de travers.
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Je suis d’ailleurs plus que surpris,
D’avoir toujours plus de lecteurs,
A croire qu’ils n’ont pas compris
Que je suis un bien triste auteur,
*
A estourbir la prosodie,
A n’être que dans l’assonance
Et à ne voir que tragédie,
Là où certains voient de la chance.
*
Il est vrai que tous mes sujets
Ne font des vers qu’à moitié vides
Et que mes rimes et mes rejets,
Auraient besoin souvent d’un guide ;
*
Je viole sans cesse la syntaxe,
Je sodomise la grammaire,
Ce qui ne me met pas dans l’axe,
Pour être applaudi par nos maires.
*
J’abuse des allégories
Qui ne font qu’embrouiller mon texte,
Je raconte tant de conneries,
Que mes lais semblent des prétextes.
*
Ce n’est donc pas comme un poète
Que me voient tous ceux des poèmes,
Mais rien qu’en simple trouble-fête
A massacrer tout ce qu’ils aiment.
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Et moi de tout ce gros charivari, j’en ris !
Mai 2018