Quand ce jour, comme Ulysse, à avoir traversé
Les mers, les océans, tu n’es plus loin du quai ;
Que tu sais, qu’il n’y a plus rien à inverser
Et que dans quelques temps tu devras débarquer,
*
Quand tu sens la tempête arriver à ta proue,
Que tes voiles carguées te jouent le bateau ivre,
Que tu es attendu au fond, chez les mérous
Et qu’il n’y a plus d’ancre à jeter dans ton livre…
*
Lorsque tu t’aperçois que c’est vers un naufrage
Que le courant te pousse et que déjà sur toi
Se voit là comme un phare un peu de ce ravage.
*
Lorsque tu te souviens de ce gaillard d’avant,
Qui du sommet des vagues en avait fait son toit,
Se voulant commandant même des plus grands vents,
*
Tu te dis que le temps a des effets de mer,
A ronger de son sel chaque coquille de noix
Et que la traversée à tout de l’éphémère,
*
N’étant que des chimères à bord d’une galère …
Mars 2018