Si au lieu d’être le poète
Un don m’avait fait pastelliste,
Mettant mes mains avant ma tête,
J’aurais peut-être été artiste.
*
Je crois bien que je n’aurais peint,
Comme Amadeo, que des femmes,
N’ayant aucun goût pour l’orpin
Ni pour ce qui n’a pas une âme.
*
Tels Bouchet ou joseph Lefebvre,
J’aurais couché dessus mes toiles,
Leurs jolis seins, leurs belles lèvres,
Sans qu’il n’y ait, jamais de voile.
*
Je les aurais toutes croquées,
Là sur un sofa, sur un lit,
Sans des couleurs revendiquer,
Celles des Lapis Lazuli.
*
Je les aurais déshabillées,
Leur laissant juste un peu de soie,
Histoire de déverrouiller
Chez chacun tout son quant à soi.
*
Comme Ingres, Manet ou Prud’hon,
Je les aurais peintes offertes,
Dans le plus grand des abandons,
Afin qu’elles vous déconcertent.
*
Et comme Gros ou Delacroix,
Je vous aurais donné envie,
De monnayer toutes vos croix,
Contre ces beaux morceaux de vie.
*
Mais n’étant pas aquarelliste,
Je ne peux qu’à l’aide de vers,
Vous adresser à tous la liste
Des beautés de mon univers,
*
En vous laissant imaginer
Celles qui m’ont tant fasciné…
Février 2018