Au milieu de la foule et son agitation,
Tu es là, toute seule attachée à plus rien.
Les bruits des alentours, ton imagination,
Tes besoins d’illusions, restent tes derniers liens.
*
Ton dernier est parti en mai de l’an passé,
Emportant avec lui les sons de la maison
Et tout ton univers, comme un rêve cassé
Aux couleurs du silence a mis son horizon..
*
Tu trembles tellement devant la quarantaine
Qu’il te faut du raffut dans ta tête et ton corps
Et tu sais que bientôt, passée la soixantaine
L’amorce n’aura plus l’agrément du décor.
*
Bien sûr est là le chat et la télévision,
Les courses du lundi, le ciné du mardi
Et depuis quelques jours la nouvelle attraction,
Meetic et ses espoirs de trouver Vendredi.
*
Mais ça fait si longtemps qu’on t’a pas dit je t’aime,
Depuis que ton amour est allé faire un tour,
Que tu sens ton désir qu’en des mots de poème
Disant qu’il faut cueillir les roses sans détour.
*
C’est donc le tout premier, dans cette multitude
Qui sait de brouhaha envahir ton esprit
Qui te fera sortir de cette solitude,
Sans même regarder quel en sera le prix.
*
Pour avoir dans ta chambre, un bruit à ton sommier
Et garnir ton appart d’hydatisme et de voix
Tu fais choix de la tour sur ton propre damier,
N’ayant aucune vue sur l’issue de ta voie,
*
Tant de ta thébaïde tu en crains tout ce vide …
Janvier 2018