J’ai tout dit, tout écrit et j’ai tant raconté,
Qu’il me semble aujourd’hui, que chacun de mes vers,
N’est plus rien que l’écho de mots déjà cités,
Me faisant voir mon monde en marche qu’à l’envers.
*
Mes muses, comme moi, ont tellement vieilli,
Qu’elles ont tout perdu de leur inspiration
Et mes forêts d’hier, devenues des taillis,
De plus aucun gibier, marquent mes ambitions.
*
Leurs arbres hier si hauts ne sont plus que buissons,
Leurs lignes envahies, de lierre et de rejets,
N’ont même plus des bois tous leurs merveilleux sons,
*
Plus de brame de cerf, de bruits de sanglier,
Plus de vent dans les cimes et d’envolée de geais,
Toute ma poésie, il me faut l’oublier,
*
Tant je vois toute chose aux couleurs de la prose …
Janvier 2018