Moi aussi j’y ai cru, à leur ode à la joie,
A leurs idées de paix et de fraternité
A l’illusion d’avoir, pour tous les mêmes lois
Et à la garantie de notre liberté.
*
Moi aussi j’ai pensé, qu’à vivre tous ensemble,
A être tous pareils, avec les mêmes droits,
Marchant d’un même pas, en un tout nouvel amble,
Seraient, pour nos demains un merveilleux pied-droit.
*
Cette vue idyllique, on nous l’avait vendue,
Avec tant de talent, qu’aujourd’hui quand je vois,
Comment ce paradis est maintenant perdu,
Je n’ai dans ce projet, qu’un vrai manque de foi.
*
Car j’ai vu dans le noir, qui actionne les fils,
Qui met la main sur tout, qui comme Machiavel,
Vous apporte le feu, quand c’est en du fraisil
Qu’on veut vous diriger vers une ère nouvelle.
*
Car je vois nos édiles, insatiables de gloire
Vendre notre nation et nos institutions,
Pour avoir quelques mots, dans les livres d’Histoire,
Sans voir qu’avec le temps, ils seront d’abjection.
*
Car je vois cette honte, à perdre nos couleurs,
A critiquer nos chants, à briser nos chapelles,
A mettre dans nos plats des horreurs et des leurres
En plaidant pour leurs gueules, au droit de l’estoppel.
*
Quand j’entends nos élus, choisir des ennemis
Dont-on n’a pas idée, tant ils sont éloignés,
Nous faisant tous marcher, aux pas de leurs amis
Dont tous les concurrents se comptent par poignées,
*
Je ne peux plus avoir, pour cette évolution,
Que de la suspicion et beaucoup de défiance,
N’ayant dans cette option, bien moins de conviction
Que ce qu’on m’avait dit, pour gagner ma confiance.
*
L’Europe d’aujourd’hui, n’est rien qu’un stellionat,
Mis au point par certains, pour tenter de garder
Demain leurs privilèges, sur les bancs des sénats
Quitte à nos citoyens à les inféoder.
*
Ils veillent à nous forcer à n’y voir que du bleu
En nous focalisant sur quelques bouts d’étoiles,
Pour mieux nous enlever nos droits à nos alleux
En nous dissimulant le vrai sous quelques toiles,
*
Nous cachant le péril de leurs vues mercantiles...
Août 2017