Tu regardes ta vie, de tes trois fois vingt ans,
Te peindre le tableau, d’un mauvais au revoir
Et à ses litanies, tu crois qu’il est grand temps
Que de tous tes désirs, tu cries : « Plus rien à voir ! »
*
Tu ne vois plus tes seins comme de beaux appâts
Et tu maudis ton ventre et ses quelques rondeurs ;
Tes yeux en pattes d’oie crient ton mea culpa;
Pour toi, même ta peau aspire à la fadeur.
*
Tu te vois si âgée que même dans la glace,
Tu n’oses plus du tout, passer t’admirer nue
De peur de voir le tain te faire la grimace.
*
Pourtant, moi qui tel toi, des ans en a autant,
Je te vois comme hier, lorsque je t’ai connue,
Ne voyant pas en quoi t’a sanctionné le temps,
*
Tant je te vois toujours avec des yeux d’amour …
Juin 2017