Je veux mourir de mort violente,
Pour ne pas finir à l’asile,
Ne pas subir l’agonie lente
D’être tout seul là sur mon ile.
Que je m’en aille d’un seul coup,
Avec dans ma tête l’envie,
Ayant conscience du licou
Qui nous étalingue à la vie.
Je ne veux pas pleurer tout seul,
En m’oubliant là dans mon lit,
En espèrent que le linceul,
Soit mon tout dernier stimuli.
Que jamais je n’ai l’impression
De n’avoir plus de goût à rien,
De ne plus avoir les pulsions
Qui ont fait de moi ce vaurien.
Je refuse le plat bassin
Et la toilette du matin
Par cette infirmière aux gros seins,
Me rappelant hier mon butin.
Je crains d’attendre le dimanche,
Pour que mon fils, bien élevé,
Refuse que l’on me débranche,
Attendant de me voir crever.
Je veux regretter de mourir,
Me dire que c’était trop tôt,
Claquer d’un bon éclat de rire,
En ayant tout mon cogito,
J’exclue de voir tous mes amis,
Aller avant moi au tombeau,
Quitte à ce que leur athymie,
Me les démasque un peu moins beaux,
Je rêve de garder ma tête,
De faire un doigt à Alzheimer
Et que chaque jour soit la fête
De cette joie si éphémère,
Qu’on m’épargne cette estrapade,
De finir un jour à l’EHPAD …
Juillet 2016