~~Disparait un peu chaque jour,
Ce qu’on avait si bien aimé,
Tous ces souvenirs parfumés
Et tout ce qui allait autour ;
Nous tourne là, dans notre esprit,
De ces moments qu’on dit bénis,
Où on pensait, à l’infini,
Qu’on en avait payé le prix.
On était jeune, on était beau,
On se croyait même invincible,
Le plaisir était notre cible
Et l’eau coulait sous Mirabeau
. Avec aujourd’hui, le recul ;
Je m’interroge sur ce temps,
Qui ressemblait tant au printemps
Qu’on le vivait en majuscules ;
Je nous revois si détendus,
A courir dans des champs de fleurs
Sans reconnaitre le bonheur,
Certains que tout nous était dû.
On se voulait vraiment heureux,
C’était le temps de l’insouciance
De la joie et de l’impatience
De cette année, quatre-vingt-deux !
Et puis il y a eu l’été
Et ses méchants coups de soleil
Qui font que ce n’est plus pareil,
Que ce que hier, avait été.
Et quand l’automne est arrivé,
Si belle de tant de couleur,
On a même pas vu que l’heure,
N’était dans rien, jamais gravée.
On n’arrête pas les saisons
Car elles courent au gré des vents,
Nous mettant un jour-là devant
Les chimères de l’horizon.
C’est en voulant les rattraper,
Croyant que nous pouvions l’atteindre,
Qu’on a fini par tout éteindre,
Mettant un terme à l’épopée
On n’a pas vu venir l’hiver,
Qui de sa gomme à couleur blanche
A effacé tous nos dimanches,
Pour les passer en faits divers …
Mai 2015