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Le blog de Gabriel

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"Lorsque s'en vient le soir"...

"Lorsque s'en vient le soir"...

Que nous aurais-tu écrit, Jean ?

Qu’auraient bien pu être tes mots ?

Si dans ce monde de l’argent,

Tu en voyais, ce jour, les maux ?

*

Je suis certain que pour le dire,

Tu pourrais même les twister,

Tant tu aurais pu le prédire,

En ayant autant résisté.

*

Toi qui donnais du camarade,

En trouvant ton pays si beau,

Quelle serait donc ton aubade,

A tous ces nouveaux collabos.

*

Et en perdrais-tu la raison,

De voir ainsi traitée ta France,

Quand vient d’arriver la saison,

Où se multiplie la souffrance.

*

Ouvrirais-tu cent fois les bras,

A tous ces gens de la finance,

Qui à la façon des cobras,

Nous contraignent à leur gouvernance.

*

Aurais-tu pour Napoléon,

Les sentiments de Joséphine,

Sachant qu’en dehors des néons,

Leur chef  est un  nouveau Staline ?

*

Oserais-tu là dans la glace,

En chantant que c’est beau la vie,

Ne pas avoir une grimace

Pour cet univers de survie ?

*

Je suis sûr qu’avec Aragon,

A ce silence de la ville,

Vous seriez sortis de vos gonds,

Pour tous les traiter d’imbéciles.

*

Et où sont tous vos descendants ?

Ces intellos, jadis si proches

Des travailleurs et des sans dent,

Qui de Paris, aidaient Gavroche.

*

Est vrai que dans ce nouveau monde,

Où voyagent les libertés,

Vous auriez pu ressentir l’onde

Qui allait tous nous emporter.

*

Mais n’étant pas peintre et maçon,

Ils auraient peur de vos chansons

Et de leur système à la con,

Ils changeraient surement le son.

*

Tous les deux, Aragon, Ferrat,

Si aujourd’hui vous étiez là,

Peut-être verrions-nous ces rats,

Ne pas oser donner ce la,

*

Tant avec vous, en  vingt et cent,

Nous serions bien moins innocents …

Août 2017

"Lorsque s'en vient le soir"...